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Perception du handicap

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Informations sur la perception du handicap et l'inclusion par la socit espagnole.

Scolarité

D’après des chiffres de 2011, 97 % des enfants handicapés sont scolarisés, la majeure partie dans un établissement normal, le reste dans des centres spéciaux. « Le problème c’est que les centres ne sont pas toujours adaptés, au niveau de l’architecture », regrette le président de la Confédération espagnole des personnes handicapées physiques (Cocemfe). Mais si la scolarisation des jeunes âgés de moins de 12 ans est bien réelle, ce n’est pas forcément le cas après.

Emploi, formation et orientation

Pour bénéficier des aides et services pour l’emploi, les personnes handicapées doivent être inscrites à l’INEM, Institut national pour l’emploi, en tant que demandeur d’emploi handicapé avec un taux d’incapacité de travail d’au moins 33 %. Toutes les activités de placement et de formation sont réglementées par une loi relative à l’emploi. La promotion de l’emploi ordinaire est fortement soutenue par les services de l’État qui travaillent en partenariat les entreprises et des organismes privés dont une association, ONCE, l’Organisation Nationale des Aveugles Espagnols. Cette association nationale organise des formations suivies quelques fois de placements, en direction des personnes handicapées sans travail, mais aussi pour des personnes valides au chômage.

Les entreprises qui emploient des personnes handicapées peuvent percevoir des aides financières sous différentes formes. Pour chaque contrat de travail en faveur d’une personne handicapée, l’entreprise reçoit une aide financière et peut bénéficier de réductions de charges sociales qui peuvent aller de 70 à 90 % durant 3 années et de 8 années, si la personne handicapée employée a plus de 50 ans. L’entreprise peut obtenir des déductions sur l’impôt des sociétés. De plus, l’entreprise peut être financée pour l’adaptation des postes.

Les travailleurs handicapés ne perçoivent aucune aide financière, excepté les fonctionnaires qui peuvent bénéficier d’aides couvrant leurs moyens de déplacement.

Emploi protégé

Alors que plusieurs pays, membres de l’Union Européenne, mettent en place des dispositifs pour réduire les pensions d’invalidité et les capacités d’accueil des centres d’emplois protégés, l’Espagne mène une politique volontariste en renforçant les «Centres Spéciaux d’Emploi » qui sont passés, en l’espace de quatre ans, de 8 400 à 17 800 employés travailleurs handicapés.

Les personnes handicapées peuvent être admises dans les Centres Spéciaux d’Emploi, dans lesquels le travail est protégé. Sous la responsabilité de l’administration centrale (Ministère du Travail et des Affaires Sociales) ou des Communautés Autonomes, ces Centres Spéciaux, qui travaillent en partenariat avec les services publics et privés, fournissent des emplois productifs. Ils mènent aussi des activités de réhabilitation, de thérapie et des activités culturelles ou sportives qui participent à l’épanouissement personnel des travailleurs. Pour être intégrés dans un emploi protégé, les travailleurs signent un contrat de travail ordinaire d’une période minimum de six mois, identique à ceux réalisés dans le milieu ouvert. En cas de lourd handicap, situation plutôt rarissime, la personne concernée peut signer un contrat spécial pour productivité réduite, inférieure à 25 %.

Il existe aussi la formule des emplois semi-protégés, passerelle entre les Centres Spéciaux d’Emploi et les entreprises ordinaires, qui a l’avantage de sensibiliser les chefs d’entreprises sur les potentialités des travailleurs handicapés, sélectionnés pour accéder à cette étape intermédiaire et contribue à l’intégration progressive de ces personnes dans les dispositifs ordinaires.

Travail en milieu ordinaire

Comme nous l’avons déjà souligné, l’Espagne a renforcé sa législation antidiscriminatoire et le travail en milieu ouvert est régi par des obligations légales, tant d’emploi réservé (système de quotas) que de protection contre le licenciement.

Il est imposé des quotas obligatoires de 2 % aux entreprises privées et de 3 % pour les entreprises publiques qui comptent plus de 50 salariés. Malgré les sanctions économiques, ces obligations ne sont pas respectées par les entreprises ; les principales explications avancées, le fort taux de chômage que connaît le pays et des mesures peu contraignantes.

Concernant la protection contre le licenciement, par un Décret Royal de 1983, un employé reconnu handicapé par l’INEM doit être réembauché dans un emploi avec un salaire identique à celui qu’il avait avant son licenciement, et dans le cas où sa capacité se trouve réduite par son handicap il devra être intégré dans un poste adapté, avec une réduction de salaire de 25 % maximum. Dans le cas où le travailleur concerné retrouve sa pleine capacité, il devrait être replacé dans son poste d’origine.

Accessibilité

Il y a de moins en moins de problèmes pour l’accès aux espaces et édifices publics. On peut citer les aménagements suivants : feux de signalisation sonores, multiples villes où les autobus publics sont équipés de rampes pour les handicapés moteurs, ascenseurs au sein d’édifices publics.
Finalement, les difficultés les plus nombreuses se concentrent à présent dans les logements privés.

L’Espagne dispose par ailleurs d’une société civile très organisée et d’un réseau d’associations de personnes handicapées puissant, explique le Comité espagnol des représentants des personnes handicapées (Cermi).

En savoir plus : Riche étude de NoDiscrim-Web - Les discriminations en raison du handicap en Espagne