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Perception du handicap

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Informations sur la perception du handicap par la socit italienne, dans son histoire et aujourd'hui.

Evolution de la perception du handicap

La politique italienne en faveur des personnes handicapées doit s’apprécier au regard d’un contexte marqué par un modèle social faisant une large place aux solidarités familiales, un mouvement de sortie des institutions spécialisées et une dévolution croissante de pouvoirs aux collectivités locales.

Le modèle de protection sociale est centré sur le versement de prestations en espèces et n’accorde qu’une place limitée à la fourniture de services sanitaires et sociaux à la personne. La protection sociale bénéficie avant tout aux salariés à temps complet des grandes entreprises et à leur famille. Cette situation s’explique par la tradition de prise en charge des plus pauvres par l’Eglise, les associations caritatives, ainsi que par la famille qui joue un rôle majeur de solidarité : à titre d'exemple, l’Italie est avec le Japon, le pays où les personnes âgées sont le plus accueillies dans leur famille.

Le mouvement antipsychiatrique des années 1970 a conduit à la transformation ou à la fermeture de diverses institutions spécialisées de prise en charge de publics à besoins spécifiques : malades psychiques mais aussi enfants en difficulté, personnes âgées ainsi que personnes handicapées.

Pour les personnes handicapées, le recul des institutions spécialisées s’est concrétisé par de nouvelles formes de travail aménagé au sein de coopératives sociales ainsi que par le développement d’un hébergement en plus petites unités intégrées dans la cité. Le mouvement de désinstitutionnalisation le plus radical concerne l’intégration scolaire en milieu ordinaire.

Scolarité

En effet, au niveau international, l’Italie représente l’expérience la plus radicale en matière de scolarisation des enfants et adolescents en situation de handicap en milieu ordinaire. Sa politique volontariste a ouvert les portes des classes ordinaires aux élèves en situation de handicap. Le parcours d’inclusion a d’abord été initié par la loi n° 118 du 30 mars 1971 qui reconnut le droit des invalides civils et des personnes ayant un handicap physique à disposer des mêmes droits d’éducation que les autres.

Emploi des personnes en situation de handicap

En Italie, il n’existe pas de système de travail protégé en faveur des personnes handicapées exclusivement, mais des organismes à dominante sociale dans son sens large :
Il existe deux sortes de coopératives sociales, institutions indépendantes qui fonctionnent sur le principe de la solidarité et de l’intérêt mutuel :
  • la première est la coopérative d’intégration par le travail, qui développe des activités productives et de services, au sein desquelles les personnes peuvent améliorer leurs qualifications professionnelles.
  • la seconde est la coopérative de production intégrée qui fournit des emplois permanents à des personnes en difficulté d’intégration, au sens large du terme, qu’elles soient handicapées à cause d’une maladie, d’un accident ou par suite d’alcoolisme ou de toxicomanie ; elle peut aussi intégrer en son sein des personnes qui sortent de prison.

Il existe aussi des ateliers de réadaptation qui ont un caractère occupationnel, mais ne fournissant pas de relation de travail, de contrat ni de rémunération.
Les employés des coopératives n’ont pas de statut précisément défini : ils peuvent, à un certain moment, devenir aussi des associés de la coopérative et passer de ce fait à un statut d’employeurs, ce qui rend difficile l’application des conditions de fonctionnement, en ce qui concerne entre autres, l’attribution des salaires et en cas de licenciement, par exemple.

Emploi en milieu ordinaire

La loi du 12 mars 1999 oblige les entreprises de plus de 14 personnes à employer des personnes handicapées. Elle a appliqué un système de quotas variable en fonction de l’importance de l’entreprise, qu’elle soit publique ou privée, mais aussi de la catégorie du handicap des personnes employées.

Les non-voyants s’inscrivent dans un cadre particulièrement avantagé, ils jouissent d’une considération spéciale et bénéficient d’emplois réservés dans des postes de téléopérateurs, de physiothérapeutes et de professeurs.